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APRÈS-MIDI PHILOSOPHIQUE – LES AMBIGUÏTÉS DU DÉSIR

Samedi 25 mai 2013, de 14h à18h au 7e étage du Théâtre St. Gervais

Stefan Kristensen propose une après-midi philosophique, de 14h à 18h au 7e étage du Théâtre St. Gervais,  sur le désir et sa portée politique et intime. Lisa Guenther (Nashville) donne une description de l’expérience pénitentiaire et de ses conséquences psychiques et existentielles. Guy-Félix Duportail (Paris) expose sa conception du corps désirant basée sur Lacan et Merleau-Ponty.

Stefan Kristensen – Introduction : la destination du désir

Guy Félix Duportail – Six propositions sur le désir

De par sa proximité historique avec la topologie de Jacques Lacan, la description merleau-pontienne du point aveugle de la conscience percevante (cf. Le Visible et l’Invisible, 1960) implique à la fois une reconnaissance et une critique de la topologie lacanienne du désir. Une reconnaissance, car la topologie lacanienne apporte des précisions et des corrections indispensables au programme merleau-pontien de reformulation de l’inconscient freudien – l’invisible ne coïncide pas exactement avec l’inconscient – mais aussi une critique, car la mathématisation du symbolique entraîne une « crise de sens », au sens donné par Husserl à cette expression dans la Crise des sciences européennes et la phénoménologie transcendantale, crise de sens donc, qui nécessite une récursion vers le monde de la vie. Ainsi, par exemple, les enfants vivent la « topologie » dans leur constitution de l’espace et les patients du psychanalyste font des nœuds dans leur existence sans être des mathématiciens. Faute de ce contact retrouvé et maintenu avec ce que nous désignerons comme la proto-topologie vécue, l’idéalisation mathématique de l’inconscient expose la psychanalyse à de possibles « destins funestes », comme le discerna de manière exemplaire Jacques Derrida dans le Facteur de la vérité. Aussi, nous exposerons quelques arguments en faveur d’un retour vers l’origine des idéalités psychanalytiques.

Lisa Guenther – Phenomenology and the Living Death of Solitary Confinement

There are many ways to destroy a person, but the simplest and most devastating way must be solitary confinement.  Deprived of meaningful human contact, otherwise healthy prisoners literally come unhinged.  Many experience symptoms such as anxiety and paranoia, uncontrollable trembling, confusion, hallucinations, and other perceptual distortions.  Some prisoners describe their experience in solitary confinement as a form of living death.  What does it mean to recognize, as the effect of a standard and widespread method of incarceration, the possibility of a suffering that blurs the distinction between life and death?  What is the structure of lived experience, such that its coherence can be undermined through extreme isolation?  And how have some prisoners in solitary confinement managed to resist its most debilitating effects?