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MOUHITORI – WORKSHOP

Workshop participatif: du 6 au 8 septembre 2013 de 18h à 21h
Rencontre et discussion: le 9 septembre 2013 à 19h

Cette fois, Mouhitori est en déplacement lui-même, découvrant un autre contexte, à l’opposé d’Onomichi : Genève est dense, les terrains vides sont rares, l’espace public est saturé. Tamaki et Mikami sont attentifs à l’espace laissé après le retrait d’une présence : à Onomichi, le vide est créé par le déclin économique et le changement des modes de vie, pour lesquels la topographie des lieux n’est plus adaptée. A Genève, on sent parfois une nostalgie du vide face à l’encombrement de l’espace urbain (nostalgie aussi de l’époque des squats). Pourtant, dans les montagnes tout près d’ici, un phénomène analogue se produit avec le retrait des glaciers ; et on se rappelle qu’en des temps immémoriaux, toute la région était couverte de glaciers et qu’ils ont laissé ensuite un espace vide où les hommes se sont installés. Ils ont laissé aussi des rochers au hasard de leur fonte, des blocs erratiques, qui sont les témoins de ce temps où l’espace était libre et indéterminé.

A Utopiana, Mouhitori  présente deux propositions : dans la maison, on découvrira un bloc erratique, réplique d’un rocher rencontré lors d’une sortie à la montagne, là où un glacier s’est récemment retiré. Dans le jardin, avec tous ceux qui voudront bien participer, les artistes traceront le mot anglais « Scab », qui signifie la croûte qui se forme sur une blessure lorsqu’elle commence à cicatriser.

Ce motif de la croûte joue un rôle central dans la démarche de Mouhitori : les plaques de métal qui soutiennent les façades à Onomichi sont comme des croûtes sous lesquelles une nouvelle réalité peut émerger. De même, en rasant une partie de la pelouse, on crée un espace vide où de nouvelles plantes s’installeront, en commençant par les espèces pionnières. Mouhitori nous convie ainsi à deux méditations sur la productivité du vide, et sur l’intérêt qu’il y a parfois à en produire lorsque le plein nous encombre.