Recherche Menu

ANNA ROMANENKO & BJÖRN KÜHN (RUS / DE)

RÉSIDENCE: Juin – Juillet 2014

La production récente d’Anna et Björn traite de manière extensive la relation entre humain et nature au niveau tant matériel que symbolique. Un des intérêts au coeur de cette démarche est la question des fonctions corporelles qui retransforment l’humain en une chose « naturelle », questionnant ainsi la possibilité de l’inscription d’un simple corps dans une structure sociale donnée.
Plusieurs de leurs travaux tentent de faire une description en essayant de transcender la frontière imaginaire et apparemment inébranlable, qui a été établie entre notre propre existence et les autres formes de vie. Leur travail en cours, Liminal Dome, établit une peau architecturale qui cache et dévoile des fantasmes sodomites en visant une vie utopiste et post-humaine. D’un autre côté, Pillars of Creation clignote des formations astrales éphémères sur la rétine du performeur, en incorporant le désir omnipotent de la création universelle.
Actuellement, ils préparent un nouveau projet sous le titre de Momotaro qui sera développé à Utopiana. Il s’agit d’une nouvelle approche du jardinage, qui raconte une histoire des relations sociales par le biais des fruits. Le projet habite et prend comme lieu d’action, les jardins privés de plusieurs gens avec qui les artistes sont en relation, que ce soit de manière personnelle ou professionnelle. La sociabilité est induite dans un homoncule fruiteux qui grandit dans une bouteille chez leurs amis et collègues.
Ils ont le désir de créer une focalisation autour des différents jardins qui sont éparpillés autour du monde. Celui-ci serait un jardin imaginaire à travers lequel les arbres intervenants pourraient être interconnectés. Ainsi le jardin d’Utopiana serait le point de départ et d’arrivée de tous les échanges entre esprits-fruits que Anna et Björn faciliteraient.

Anna Romanenko & Björn Kühn (Russie, Allemagne)

Anna Romanenko et Björn Kühn se rencontrent pour la première fois en 2010 dans des séminaires dictés par Felix Ensslin à la Stuttgart Art Academy, portant sur la psychanalyse et le Marxisme. En 2012, ils ont cofondé l’ensemble Punch and Judy, débutant ainsi une collaboration permanente en construisant un corpus de travail qui s’inspire des identités spéculatives de la nature et la culture. La nature est toujours, à la base, dédoublée en elle-même, d’abord comme concept produit par le social, ensuite comme une existence immanente. Il existe donc une transition, une frontière où le statut des choses est indéterminé et ouvert à des manipulations et réconsidérations.
Ils on trouvé la spécificité de leurs questionnements au sein des luttes politiques. Par exemple, le prospectus de l’ingénierie génétique avec l’incertitude de ses concepts de vie, mort, matière et psyché ; ou le discours populaires sur les catastrophes climatiques, avec ses traits incorporés de la peur de la destruction de l’humanité, et l’espoir d’un futur paradisiaque où la nature et l’homme vivent à l’unisson. En travaillant vers la réalisation d’une telle indétermination, apparaît un horizon où la création d’un nouvel humain trouve sa nouvelle vie tordue.